xTreffen

 xTreffen
« Ils sont deux. Ils ne se connaissent pas. Ils ne connaissent pas leurs propres vie, ne sachant même pas comment la guider. Ils ne savent plus comment respirer, de peur de déranger, de peur de se montrer, de peur de vivre. Ils suivent le temps, succombent aux plaisirs, tombent et se relèvent, ils sont uniques à tout les deux. Ils sont uniques et isolés au plus profond de leurs c½urs.»




Cette rencontre, je l'aurais à travers de la gorge. Comme un affreux couteau pas encore aiguisé. Apprends moi à retrouver la délicieuse odeur de nos rires.



Je vous pris de vivre la fiction que je vous propose. Vos commentaires sont bien sur la bienvenue. :) Les critiques restent les plus importantes dans l'histoire ! Je préviens de chapitre en chapitre et j'espère ne pas avoir de faux-lecteurs ! Bisous & merci d'avance. ___________ *


# Posté le vendredi 30 mai 2008 15:35

Modifié le samedi 21 juin 2008 12:51

I

Chambre 269 :

Assise au sol, les jambes contre ma poitrine, la tête ancrée dans mes genoux, j'écoutais mon c½ur détruire les secondes. Dans trente minutes, un an de ma vie se retournera en moi. La branche des secondes de l'horloge résonnait dans la pièce, trop lourdement, trop durement, trop ironiquement. De deux doigts je fais glisser l'anneau ornant mon annulaire et en relevant mon visage détruit par les larmes noires, je contemple la beauté du bijou. C'était comme prédit, c'était comme écrit dans notre destin. Dans le creux de la bague, un mot reflète un avenir rêvé, un simple mot brille. Éternité. Mon organe vital se bloque aussi fort que je serre l'anneau au fond de ma paume. Les paupières fermées, je cherche au fond de ma mémoire, au fond de mon c½ur, au fond de tout ce qui me composait : sa voix. Le son délicieux de ses simples mots qu'il me prononçait. Ses je t'aime extravagants, son rire... Je souris entre deux larmes. Un rictus pénible. De ma main libre, je chasse les gouttes superficielles et me relève à l'aide de celle-ci. Plus qu'un quart d'heure. Je passe devant mon lit défait, devant le miroir, dépassant le bureau désordonné et me dirige vers la fenêtre entrouverte. Je l'ouvre entièrement d'un coup de coude et balance mon corps contre la barrière. Il faisait encore froid, mais le contraste brûlant de mes joues rougies avec l'air de ce futur printemps réveillait mes sens engourdis. J'avais encore fait un rêve violent, où se mêlaient principalement mes souvenirs et mes pires craintes. Un accident, des cris, des visages décomposés, un cadavre... Je gémis en massant mes tempes. La bague gît silencieusement entre mes doigts crispés et tremblants. Plusieurs fois j'aurais voulu la balancer, la noyer, l'oublier, mais au moment de le faire, ma volonté en avait pris un coup. J'en étais incapable, c'était irréalisable pour moi de pouvoir me séparer ce tout ce qu'il me restait de Lui. Tout comme c'était impossible de pouvoir l'oublier ; lui et ses foutus sourires, lui et ses putains de baisers, lui et sa façon de marquer son nom au fer rouge au fin fond de votre âme... Lui et sa mort plus que tragique. Je mords ma lèvre inférieure pour calmer la tempête qui se préparait dans mon ventre. Je passe ma tête dans mes deux mains et l'anneau roule vers ma bouche. Du coin de la lèvre je l'embrasse, je la chérie comme j'en avais l'habitude. Je m'accrochais à un objet, j'étais pathétique, je croyais plus en Dieu, il m'avait enlevé la chose qui me tenait en vie, je ne croyais plus en rien, je m'étais fait une idole à moi toute seule et je me trouvais de plus en plus grotesque. J'enfouis mon visage dans mes bras croisés, roulant la bague entre mes deux doigts et sans m'en rendre compte je nous revois tout les quatre dans cette voiture rouge traversant les champs, au milieu de la nuit, un verre de trop dans le corps, les rires un peu trop strident, le véhicule un peu trop rapide. Je me rappelle aussi les cris de Sam assis sur le siège avant à côté du conducteur. Les frissons me reviennent. Les flashs de la voiture qui fait des tonneaux, ceux des hurlements glaciaux, celui du silence aigre, l'odeur du sang qui flottent à l'intérieur de la voiture, leurs noms que je cris, me déchirant la gorge... L'image des deux personnes aux yeux exorbités de frayeur, leurs c½urs s'étant arrêtés de battre. Je me rappelle les avoir détachés comme je pouvais de leurs ceintures, ne sentant plus mes sanglots hurlants, me foutant de mes mains touchant leurs corps déjà froid de mort. Sam était encore vivant, il me tirait pour me sortir. Me criant que la voiture exploserait dans quelque secondes, mais Lui, il était affalé sur ce volant, il refusait de bouger, il ne m'entendait plus, j'avais beau le battre, j'avais beau détruire son visage de mes ongles, il ne bougeait plus. Mes doigts se crispent sur le fer en me remémorant son visage blanchâtre. Puis j'avais couru aussi loin que je pouvais, aussi vite que mes jambes supportaient, je ne m'étais pas retournée lorsque l'explosion avait commencée, mes yeux troublés avait juste vu la nuit s'illuminer encore un peu plus. J'étais déjà loin et je ne pensais pas encore à que je l'avais perdu. Un choc. Je me laisse tomber dans ma chambre d'hôtel, glissant mes mains contre les barrières, la bague tintant contre le fer comme pour me réveiller. Puis une sonnerie vibra, cassant le mutisme glaçant de la pièce. Je me relève, détruite de ces souvenirs et réponds d'une voix faible.
« Lily... Ca fait un an maintenant... » Murmure la voix.
Je hurle qu'il me laisse tranquille, je lui cri que je le savais et je crash le portable contre le mur qui explose dans un souffle en morceaux sur mon lit. Je passe mes mains sur mes lèvres tremblantes, je me bats contre mes jambes tremblantes. Sans réfléchir, sans m'en rendre compte, je cours vers la porte, l'ouvre et la referme dans un son lourd de chagrin intense et me dirige l'esprit brouillé vers la première porte qui se présente à moi.


« Passage sur le toit. Interdiction aux clients de traverser cette partie de l'hôtel. »



_En même temps____
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Chambre 265 :

Affalé sur un fauteuil trop grand, je ne regarde même plus les gens passer. Je n'écoute même plus ce qu'on me dit. Je remue de la tête et je deviens aveugle. C'était facile et reposant. Je ne sentais plus mes membres, mon c½ur battait trop vite, mes yeux clignaient trop rapidement, j'étais sous le coup d'adrénaline exaltée. Un dernier concert ce soir, un dernier faux sourire, un dernier remerciement trop fictif, une dernière note cassée. C'était enfin fini cette tournée épuisante. C'était terminé...
« Bravo pour ce soir. »
Je réponds d'un coup de la tête vers notre manageur, il disait toujours la même chose, il avait la même habitude de nous entraîner toujours plus haut, sans se soucier une seule fois qu'on trouvait le voyage trop exténuant. Mais c'était son travail, nous cacher de l'horrible vérité qui nous entouraient et fixer nos yeux droit sur notre argent, sur notre célébrité et pour finir sur notre sois disant rêve. Il se baisse devant moi et d'une main sur mon genou il me réveille de ce coma.
« Tu as l'air fatigué. » Murmura t-il en scrutant un peu plus mon visage blanchâtre.
« Tu trouves ? » Répondais-je ironiquement.
Il cherchait encore plus de réponses mais je l'évite en tournant mon cou vers les trois autres. Même expression, même position, même sensation. Je m'enfonce encore plus dans le fauteuil, je laisse passer un soupir extravaguant et continue à regarder les autres exister à ma place. J'avais déjà répondu quatre fois non pour un verre d'eau, une dizaine de fois oui que tout allait bien et avait rejeté plus de fois que on pouvait le croire le fait de manger quelque chose. Il se relève, inquiet.
« Dormez bien, demain vous avez une grosse journée. » Continu il dans un rire avant de partir vers l'entrée principale.
Je ferme les yeux de dégoût.__ Super.__ Passant mes doigts sur mes tempes, je nie de la tête et bien sur qu'un seul le voit. Ils se relèvent tous, et je sens passer une main sur mon épaule. Ah, il avait bien compris. Je peux plus y'aller, j'en suis simplement incapable. Et pourtant le passé qui s'est tracé derrière moi devrait m'aider à surmonter cette fatigue cruelle. Mais j'étais trop fragile, trop jeune. Au fait, on m'appelle Bill et je suis tout juste majeur. C'est tout ce qui y'a à savoir sur moi. Ah non, le plus important. Je suis le chanteur du groupe qui ramène le plus d'argent : Tokio Hotel. Mon c½ur se serre, mon travail passe avant ma propre personne. Quelle ironie. Je relève mes yeux vers mon jumeau, Tom. D'un simple regard, il arrive à ressentir mon supplice. Il m'évite. Même lui n'assumait plus son rôle. Personne ne pouvait survivre à des journées comme ça. A nous deux, on n'avait plus les épaules pour porter cette difficulté. A nous quatre, on était plus que faible.


__Ellipse____
¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯ *


« Qui joue ? »
On lève, lentement, tous les quatre la main. S'attachant chacun à une manette, on se prépare à jouer. Tout se mélangeait, j'étais énervé de fatigué, crevé de hargne. C'était douloureux et affaiblissant à la fois. Mais l'électricité qui rognait mes membres m'aidait à exciter mes sens sur ce stupide jeu de voiture. Les yeux rouges, je suivait le véhicule aussi vite en oubliant les cris de joie de mes amis. Je devais gagner, je devais arriver premier, je devais...
« AAAAAAAAAAAH BILL ! Dans le ravin ! » Explosa Georg.
Je devais aussi tomber dans ce stupide ravin. Je pose doucement la manette sur la couverture et regarde les autres jouer, un soupçon d'amertume au fond de la gorge. J'avais aussi oublié ça. Avec la célébrité, on avait appris à devenir égocentrique, à vouloir toujours le meilleur jusqu'à en devenir désagréable. Je détourne les yeux vers mon jumeau. Un sourire se dessine sur ses lèvres.
« Je crois bien que j'ai gagné. »
Le batteur et le bassiste s'effondrent autour de moi de leurs défaites, pendant que Tom exécute une danse de la victoire devant nous. Il s'arrête et me fixe de ses yeux en amandes, trop véridiques, trop francs.
« Même pas capable de finir la course. Pire qu'une fille ! »
« Ouai d'accord j'ai les manières, je ressemble à une meuf et en plus je suis homo. Putain je le sais. Mais pendant ce temps je ferme ma gueule et je continu à ravaler vos réflexions ! Merde. »
Il ne me répond pas. Il semble choqué. Je me relève péniblement sur mes jambes, saute sur le sol et cherche dans mon blouson en cuir le paquet de cigarettes.
« C'était pas fait pour être méchant Bill... » Essaye de rattraper Gustav.
« C'est jamais méchant avec vous. Ce n'est jamais méchant avec personne. Mais au bout d'une centaine de fois qu'on me demande si les garçons m'attirent, si je suis une fille... Ils ont plut qu'à me demander de traîner à poil pour le prouver ou quoi ?! »
« Mais on n'a jamais dit ça... » Continu -il.
« On ne me dit jamais rien. On se moque de moi, on rit de moi, on me gueule, on m'ordonne des choses. Mais jamais on m'a vraiment parlé. »
« Mais de quoi tu parles ?! » Dit Georg.
« Laissez le tranquille. Il pique sa crise d'ado' encore. » Marmonne Tom entre ses dents.
Je me retourne brutalement vers lui.
« Petit con. »
« Oh Bill ! Ne commence pas ! Tu ne vas pas recommencer avec tes insultes, tes yeux qui en disent larges et... Où tu vas ?! »
« Loin. »
Je lui claque la porte au nez et m'avance dans le couloir vide. Je cherche la sortie. Mon regard se pose sur la porte au fond du corridor entrouverte.

« Passage sur le toit. Interdiction aux clients de traverser cette partie de l'hôtel. »




fanny

I

# Posté le vendredi 30 mai 2008 16:22

Modifié le mercredi 25 juin 2008 14:26

II

II
Lire en écoutant ca.


Elle monta avant lui. Elle était plus rapide, plus avide d'air pur, plus affamée d'une liberté. Ses mains tremblaient toujours et elle avait du mal à tenir la rampe pour l'aider à surmonter sa gorge nouée, mais ses pieds hissaient son pauvre corps de marches en marches, elle connaissait cet escalier par c½ur. Elle avait envie de crier, avec cet hurlement qui se reposait doucement dans son ventre, prêt à sortir, comme prêt à être propulsé vers la dure réalité de sa vie. Elle montait haletante jusqu'à ouvrir une porte dans un cri étouffé. Se laissant tomber à genoux dans les graviers, abattue de cet effort, elle empoigne son visage entre ses mains pour calmer sa douleur. Au plus profond d'elle, elle devait chercher l'éclat du rire mort, enterré sous terre depuis déjà un an, elle devait le rechercher pour éclairer son visage d'une once d'ivresse qui restait en elle. Un sourire s'imprégna sur son visage, remontant ses fossettes rosies par le froid, contrastant avec la blancheur maladive de sa peau. Elle était belle Lily. Même derrière un visage aussi déchiré, elle était belle. Un regard que personne ne pouvait oublier, un sourire qui manquait à ceux qui la rencontrait. Elle se relève péniblement, et se dirige vers le centre du plateau dominant la ville. Un sentiment de puissance traversa ses veines, comme çi d'ici, elle pouvait contrôler sa vie et ce qui tournait autour et pourquoi pas celle des étrangers qui traversaient la rue à plusieurs centaines d'étages d'elle ? Elle redescend sur ses genoux, et se laisse tomber en arrière. Allongée confortablement, elle fixait de nouveau les étoiles. Parce que depuis deux semaines qu'elle est installée ici, l'habitude s'était ancrée en elle, comme une passion. Regarder le silence bouger infiniment devant elle, ne plus sentir son c½ur battre tellement que elle a l'impression de s'envoler auprès de cet endroit aussi sombre et pourtant si calme et finir par les voir s'effacer pour faire place à un soleil éclatant d'ironie, se remettre à descendre ses étages et recommencer une journée. Lily avait eu l'enfance, que tout le monde rêvé, et tout était partie dans une décadence flagrante. De ses parents, elle n'a gardé que leurs fortunes et un simple appel de temps à temps, mais ca lui suffisait, ce n'était pas de ça dont elle avait besoin. Elle avait abandonné tout contact avec le monde depuis l'accident, et elle se sentait de mieux en mieux, se sentant guérir quelques jours, flairant son c½ur se reconstruire, et en quelques secondes, elle retournait dans cet enfer paradisiaque. Cet enfer où les flammes brûlaient ses lèvres tremblantes, où elle ne voyait plus que ce brouillard épais et noir, Lily trouvait quelque fois la sortie. Quelques fois. La jeune femme était surprenante dans une robe noire lui tombant sur les genoux, flottant au gré du vent et ses cheveux aussi sombre qui lui retombait au milieu du dos. Des cheveux d'un noir jais mobile, s'étalant autour de son visage en forme de diamant surmontés de ses yeux livides, pâles, de la même couleur que ce qu'elle portait, cassant l'angélité de ses traits. Cette nuit là, elle se releva précipitamment. Quelqu'un montait ses escaliers. Quelqu'un venait pour casser sa solitude. Elle offre son dos à l'inconnu, ramenant ses jambes en tailleurs, laissant ses cheveux balayer ses épaules et son dos dénudé. La porte se fracassa une deuxième fois, quelqu'un soufflait aussi fort que le c½ur de Lily battait. De longues secondes s'éternisèrent sur le toit qu'ils partageaient maintenant à deux. Il affronta enfin son souffle coupé et s'avança, mélangeant les graviers sous ses pieds, puis doucement, sans demander permission, s'essaya à côté de l'inconnue. Ils ne se regardèrent pas, ils fixèrent à deux le même point. La Lune au plus profond des firmaments devant eux.
« Désolé de te déranger. » Murmura t-il au bout de quelques de minutes de mutisme absolu.
Il sent qu'elle se crispe. Il n'ose toujours pas la regarder et pourtant l'un ou deux mètres qui les séparaient, lui suffisait pour avoir senti le corps de la jeune femme s'immobiliser. Sans s'en rendre compte, son regard se dirigea vers sa gauche. Son c½ur rate un battement, son profil offrait la plus belle des nuits. Sans vraiment discerner ses traits, il apercevait ses doigts jouer avec sa bouche charnue. Elle retournait ses lèvres, comme exaspérée d'angoisse, et ses cheveux volaient derrière elle, comme un fantôme trop obscur, c'était un spectacle impressionnant. Elle lâche son emprise sur sa bouche et laissa tomber sa main sur sa cuisse. Puis elle haussa les épaules.
«Ce n'est pas grave. »
Une voix qui se casse au dernier mot. Des paquets de cigarettes et un passé se cachaient derrière. Il accepta de la tête et repris la contemplation du ciel.
« Pourquoi es-tu venu la ?» Finit-elle par demander.
Il laisse un moment de répit à cette toute nouvelle discussion. Puis dans un soupir, il lui répond.
« Un coup de gueule trop prononcé. On l'a mal pris, on n'a pas voulu m'écouter, alors je suis parti. »
« L'incompréhension des autres. »
Il acquise de la tête de nouveau, stupidement, puisque elle ne le regardait pas. Il risque de nouveau.
« Et toi ? »
Elle tourne la tête vers la gauche, lui offrant sa chevelure, et hausse de nouveau les épaules.
« Une habitude. »
« Une perpétuelle envie de solitude ? »
«On dirait qu'on s'est bien compris. » Dit elle dans un sourire caché.
Bill copit son geste et laisse paraître un sourire sur ses lèvres pâles.
«Tu as du temps devant toi ? »Murmura t-elle en revenant droit devant elle.
« Une nuit entière ? »
« Alors explique moi. »
Elle allonge ses jambes dénudées et laisse paraître sa robe sombrant dans la nuit. Elle s'allonge et disparaît complètement dans l'obscurité. Il fait de même, posant ses mains sur sa poitrine se soulevant rapidement. Une simple inconnue à côté de lui qui n'avait pas reconnu celui dont la vie était déployée sur chacun des magasines. Crainte ou liberté ? Liebe Die Sekunde.



fanny

# Posté le mardi 03 juin 2008 16:23

Modifié le mercredi 25 juin 2008 14:32

III

III
A Lire en écoutant ca

Il prend une grande inspiration et commence à se présenter, le regard droit dans le ciel.
« Bill, 18 ans, chanteur d'un groupe presque mondialement connu. »
« Jusqu'ici tout vas bien... » Le coupa-t-elle dans une voix monotone.
« Ca avait l'air merveilleux cette réputation, mais je me rend compte que mon adolescence je l'ai perdue, bêtement, dans des studios, derrière des appareils photos, devant un public... Je croyais que j'allais profiter jusqu'à la dernière goutte, je ne savais pas que j'étoufferais aussi vite de cette gloire... »
Pendant qu'il parlait, Lily osa se tourner pour observer de près le visage voisin. Elle coinça sa lèvre entre ses dents, elle n'arrivait pas à le voir. Elle voyait juste un profil plongé dans le sombre. Un nez droit, laissant place à des lèvres fines. Ses yeux étaient imperceptibles et elle pouvait deviner que le long de son cou, se glissait une longue chevelure noire. Ses mains bougeaient dans le vide, il expliquait sans s'arrêter, il parlait sans finir, elle sourit devant son entrain. Son c½ur qui s'était brisé tout à l'heure, respirait de nouveau et ca la rendait vulnérable devant ce profil un peu trop parfait, un peu trop flou. Les heures passaient, ils étaient sourds des bruits de la nuit. Le portable de Bill avait sonné une dizaine de fois, mais il laissait passer la musique pour continuer à lui dévoiler tous ses secrets. Elle hochait la tête, elle répondait par des monosyllabes, c'était tellement plus simple de se taire.
« Tu as déjà pensé tout quitter ? Je veux dire, tout lâcher et partir aussi loin que t'en es capable... ? »
Elle le coupe encore dans son monologue. Il lui adresse un rapide coup d'½il.
« Plusieurs fois. Je suis peut-être resté une centaine de fois devant ma chambre d'hôtel en me disant : « A trois, tu cours et tu t'en va. » Mais c'était toujours la même chose. Je ne suis pas le seul dans cette aventure, je peux plus revenir en arrière. »
«On change pas son passé. Mais on décide son futur tout seul... »
Une mélancolie se versa le long de sa phrase. Il se ne retourna pas vers elle, mais il sentait comme une terrible envie de s'approcher et prendre du bout des doigts sa main encore inconnue. Il racle sa gorge et finit par lui dire :
« J'ai assez parlé pour toute la nuit je pense. A toi ? »
Un autre moment de solitude. Elle s'était encore électrifiée à côté de lui, comme incapable de répondre, comme tombée dans un coma serein. Il tourna enfin la tête vers elle. La même chose. L'acharnement de ses lèvres entre ses doigts et un souffle rauque, pénible.
«Tu n'es pas obligée. »
« Je ne peux juste pas oublier un moment de ma vie. Oublier un visage macabrement blanc. Un corps sanglant. Je fais des rêves horriblement monstrueux. Je ne dors presque pas, de peur de retomber dans cette déprime cruelle. Je suis effrayée à l'idée de perdre encore une seconde de ma vie et pourtant je ne fais rien pour les rattraper. Elles défilent devant mes yeux, se perdent dans mes larmes et pourtant je ne cherche pas à les joindre... »
Elle dévalait les mots comme une avalanche, comme si le c½ur les avait trop souvent gardé. Plus les phrases se formaient, plus la souffrance guérissait. Et Bill endurait pour elle. Il ressentait exactement le passé douloureux qui se présentait devant lui. Il aurait put lui dire de se taire, pour éviter de tomber dans le même piège qu'elle, mais ses mots, sa façon de raconter son passé, étaient aussi comme un pansement pour ses propres maux. C'était reposant de l'entendre parler, de cette voix légèrement cassée, inévitablement sensuelle. Il ne savait pas son nom et pourtant il avalait ses paroles. La bouche entrouverte, il restait muet, presque trop handicapé... Elle se tait.
« Continu. » Lui ordonna Bill.
« J'ai fini. » Dit elle avant de se relever sur ses poignets.
Il ne pouvait voir que son dos encore une fois. Elle regarde droit devant elle et ses avant-bras tremblent. D'une main elle essuie ses joues trempées. C'était ressorti par le moyen le plus doux. Les mots et les pleurs. C'était apaisant, elle aimait cette sensation de se sentir légère.
«Je suis désolé. »Murmura Bill derrière-elle.
« Je n'ai pas besoin de cette aide. Je sais trouver le moyen de me relever. »
Elle se met sur ses deux pieds.
« Tu vois ? »
Se retournant vers lui, vers son corps allongé, Bill arrête de respirer. Ses yeux... Son regard. Son c½ur tambourinait son ventre, ses tempes, sa poitrine, tout battait en lui. Bill Kaulitz était tombé amoureux d'un regard. Il repose doucement ses mains derrière lui et se lève comme Lily l'a fait auparavant. Il se place à sa hauteur. Un petit pincement fit place dans son c½ur, il ne voyait plus son visage. Lily relève la tête vers lui, il était grand, elle voyait son visage parfaitement, lui non. Un frisson décala le corps de la jeune femme vers la gauche. Il la suivait des yeux.
« Fais attention au monde Bill. Fais attention à ne pas te faire écraser, à te faire détruire. Avance tout droit, ne t'attarde pas sur les obstacles, progresse vers ton plus beau futur... »
Il ne lui répond pas. Ca faisait déjà cinq heures qu'ils s'étaient échangés les plus douloureux souvenirs ou les plus beaux désirs. En quelques heures, elle était devenue sa confidente, celle qui avait compris aussi vite qu'il en avait besoin. Du coté de Lily, elle l'aurait remercié de la façon qu'il aurait voulu. Ayant craché tout le venin qui contaminé son sang, ayant refermé une plaie, qui s'ouvrira toute façon d'une manière ou l'autre, l'idée de savoir que c'était possible, la fit sourire dans le noir.
«Merci de m'avoir écouté. »
Elle s'avança vers lui. Il respira difficilement, il senti ses bras frissonner de plaisir. Elle sentait bon. Un parfum aussi délectable que possible. Et elle s'avançait toujours de plus en plus jusqu'à se rapprocher de son oreille. Elle frôle la main du jeune homme de sa paume et doucement, sans précipitation, lui murmure :
« On se retrouvera tu crois ? »
Il ferme les yeux pour savourer son susurrement.
«Oui. Reste avec moi. »
Le vent répondu à sa place. Elle était partie. Il voyait de nouveau le ciel briller. Il ne savait toujours pas son nom... Il chercha sa silhouette dans le sombre, mais ses yeux se fermèrent en constatant que il était seul. Ressentant encore les frissons sombres de sa voix, il calme ses pulsions de sa main et avance lentement vers la porte. Un dernier regard vers la plateforme, un frisson parcoure son échine, il aura vécu un de ses plus beaux et marquants de sa vie. Il revoit encore ses mains montrer chacune des étoiles qui restaient figée au ciel, comme accrochées, comme obligées de suivre le destin qu'elles avaient... Comme lui. Et il se rappelle ses histoires qu'elle lui racontait. Celle de cette bague, donc il ne savait pas la fin. Juste qu'elle la considérait comme le symbole de sa vie. Un cercle vicieux. On tourne, on tourne, puis on tombe. Sur le même point de départ. Il avait put comprendre aussi que ce bijou avait plus de pouvoir qu'elle devrait. Que si elle la perdait, c'était comme perdre un bout de sa vie. Et il frissonnait au son de sa gorge lorsqu'elle avait osé partager sa plus profonde souffrance. L'accident. L'amour perdu à jamais. Elle le disait elle-même :
« C'est ancré en moi. Au fond de moi. C'est comme inscrit dans chacun de mes organes, c'est comme flottant dans mes veines et comme marqué dans le fin fond de mes pupilles, de mes mémoires. Jamais, mon c½ur ne rebattra pour quelque chose d'autre que le souvenir de son visage. Rien d'autre que le rappel de ma vie avec lui. »
Et son c½ur se balançait encore trop fort, trop durement, il le sentait vibrer sous le tissu de son tee-shirt. Elle avait une vie déchirée, un passé lacéré et pourtant il éprouvait un amour in considérable pour cette jeune femme. Il n'avait jamais cru pouvoir comprendre cela, un coup de foudre. Et pourtant, ses yeux l'avaient hypnotisés. Il ressentait quelque chose d'incompréhensible, comme trop précipité.
Faut que il la retrouve. Faut que elle l'aide encore à surmonter encore une nuit, encore un lendemain.


fanny

# Posté le mardi 10 juin 2008 14:13

Modifié le mardi 10 juin 2008 16:33

I V

I V
Cela faisait déjà une heure que Lily restait allongée sur ce drap trop froid. Ses doigts dessinaient lentement l'anneau autour de son doigt et ses yeux fixaient un coin de la télévision allumée. Sans vraiment regarder, elle n'écoute pas non plus ce qui se passe. Comme si ses pensées la rendaient complètement sourde, totalement aveugle. Dans sa tête, ne tournaient plus ses cauchemars de plus en plus horribles, mais bel et bien les souvenirs cette nuit. Ces quelques heures à délivrer son c½ur à un inconnu. C'était réchauffant, c'était apaisant, elle aimait vraiment cette sensation de ne plus sentir ses yeux prêts à dévaler des larmes encore et encore. Et elle souriait encore des rires qui résonnent encore entre ses deux oreilles. Leurs rires qui brisaient le silence tortueux de leurs vies. Ensemble, ils avaient formés un ch½ur de bonheur enroulant leurs corps un peu brusqués par le froid de l'air. Et elle s'en rappelait, elle voyait de nouveau son visage à quelques centimètres du sien. Et elle se rendait compte maintenant qu'il était beau. Ses yeux étaient d'un profond inimaginable. C'était deux pupilles transformées par la célébrité qui fixaient droit devant elles et quelques fois, par moments, elles revenaient à cette mélancolie bouleversante. Son regard... Ses yeux. Oui, c'était les mêmes. Son c½ur perdu un battement et très lentement il entraîna son corps dans des grelottements effrayants. Elle avait osé. Ils avaient les mêmes yeux. La même façon de scruter votre âme à travers votre regard. La même façon de vous déstabiliser en un coup d'½il. Ils possédaient tout les deux le don de la faire flancher d'amour. Elle passa sa main sur sa bouche. Elle ressentait encore son organe brisant ses côtes qui la prévenait du mal que elle se faisait. Elle s'était trahie elle-même et c'était douloureux. Oh oui, c'était blessant. Et elle se forçait à détruire chaque souvenir de cette nuit qui l'avait détourné de ses promesses. Ses doigts massaient douloureusement ses tempes, un mal de tête atroce la pris en un instant. Elle enfouit sa tête dans ses bras et laisse son dos à des sanglots entraînés. Ses ongles trahissent sa colère, raclant le lit dans un rythme effréné, elle était presque effrayante lorsque les crises revenaient. Presque. Elle était au courant que elle se rendait malade. Mais elle ne se rendez pas compte que un an après la mort de son amour perdu, elle avait réussi à délivrer son c½ur de la plus grosse peine qu'il portait : la solitude.


_Du côté de Bill.____
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Il descend les escaliers un à un, se tenant fermement à la rambarde, se dirigeant dans les marches sans vraiment se rendre compte de ce qu'il faisait. Au fond de sa tête, tournaient en boucle ses derniers mots, il faisait sans arrêt un aller retour pour revoir son regard. Il n'avait toujours pas effacer ce stupide sourire un peu niais qu'il arrivait pas à expliquer. Et pourtant il l'aimait cette erreur sur son visage, cet égarement qu'il n'arrivait plus à réparer. Un simple sourire. De bonheur, de liberté. Mon dieu qu'il aimait ca. Comme il aimait ce reflet qu'il avait vu paraître devant ses pauvres yeux. Un visage qu'il aurait voulu caresser du bout du doigt, juste pour se prouver que la douceur était bien réelle. Mais ses yeux l'avait retenu, l'avait envoûté vers quelque chose de sombre. Elle n'avait pas menti, sa vie se lisait dans son regard. Ses doigts se crispent sur la poignée de la porte dans un frisson intensément désagréable. Elle avait pris possession de son âme en quelques secondes, elle l'avait torturé d'un amour trop rare, beaucoup trop vite. Et il avait cette cruelle sensation de devoir la retrouver, de reprendre ce morceau déchirer maladroitement, dérobé discrètement. Il pousse la porte dans un bruit sourd et se retrouve dans le couloir de l'hôtel. Il s'avance, déterminé, résolu, il l'avait bien dit tout à l'heure : Fallait qu'il la retrouve. C'était presque un besoin vital. Quelques minutes les séparaient et déjà il ressentait un manque. Qu'arrivera t-il demain ?
« Mais qu'est ce qui t'arrives ? » Murmura t-il en freinant ses ardeurs.
Ses pas se faisaient de plus en plus petits, sa respiration se calma petit à petit...
« Mais où est-ce que tu étais Bill ?! »
Il se retourna brusquement. Non ce n'était pas possible que ca soit elle de nouveau. La voix trop grave, trop inquiète, ce n'était pas la sienne.
« Je t'ai cherché toute la nuit ! Mais réponds à ton téléphone, je ne sais pas ! Tu ne vois pas que tu n'as pas le droit de t'enfuir comme ça ?! J'ai cru que il t'était arrivé quelque chose de grave bordel !»
C'était sur, il avait réussi à l'énerver. On voyait ses tempes vibrer deux fois plus vite que le rythme de sa respiration. Ses lèvres pincées, le corps en avant, il aurait put le laisser seul dans ce couloir trop long et faire comme quelques heures avant, le laisser seul. Taillader le lien qui les unissait. Mais non, Tom était quelqu'un de loyal avec ceux qu'il chérissait. Et Bill était le tout premier qui avait eu le droit à un bout de son c½ur. Le blond soupire en voyant la mine décomposée de son jumeau et se rapproche de lui. C'était à peine si Bill ne tremblait pas d'émotions.
« T'étais où ? » Demande Tom en marchant devant lui.
Bill le suit la tête baissée. Il devrait lui raconter sa soirée, mais il n'avait aucune envie de partager ce petit secret qu'il avait réussi à créer avec une parfaite inconnue. Même à son propre frère.
« J'étais parti faire un tour sur le toit. »
« Toute la nuit ?? »
« Oui... »
« Qu'est ce qui y'a ? Tu m'en veux de ce que j'ai dit ? »
Allez, tu as 5 secondes pour réfléchir si tu lui dis ou pas. Bill, réfléchis.
« Non, c'est fini. »
Tom s'arrête et se retourne vers lui.
« Qu'est ce qui y'a ? Je ne t'ai pas vu aussi perdu et aussi effrayé de ma vie. »
« Je n'ai pas peur... Je... Je dois retrouver quelqu'un. »
« Qui ? »
En fronçant les sourcils, Tom frôle la main de son double, qui lui, sursaute à ce toucher si familier. C'était si semblable à la chaleur de la jeune femme.
« Bill... Mais c'est moi ! »
« Une jeune femme. Je ne sais pas son nom... »
« Oh ! »
« Je ne rigole pas Tom ! »
Le blond laisse passer un rire nerveux en essayant de cerner les traits émus de Bill. Il avait l'air comme mal de manque, c'était effrayant.
« Qui est cette fille Bill ? »
« Je ne sais pas. Un ange, je ne sais pas. Mais je dois la retrouver. Il le faut... »
Ses mains tremblent, son regard se perd dans le vide. Tom se rapproche, et remonte son visage vers lui d'un doigt.
« Dis moi Bill... T'es amoureux ? »
Il rit amplement en s'amusant avec le menton de Bill.
« Non. »
L'androgyne se dégage d'une main, un peu trop violement, et s'avance.
« Je ne suis pas amoureux. C'est un besoin vital de la retrouver. Elle a quelque chose qui m'appartient. »
« Et quoi ? »
« Un bout de mon âme. »

fanny

# Posté le dimanche 15 juin 2008 08:48

Modifié le mardi 17 juin 2008 15:23